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Comité performance finance en ETI : fréquence et ordre du jour

Dans les ETI, le comité performance finance rate souvent pour une raison simple : il ressemble à une relecture comptable de 3 heures où chacun commente les écarts sans décider. Les directions opérationnelles décrochent, le DAF ou le contrôleur de gestion parle seul, et le COMEX repart sans arbitrages tranchés.

Un comité utile commence par une question : quelle décision doit sortir de la salle dans les sept jours ? Si la réponse est « aucune », reportez la réunion ou réduisez le périmètre. Le pilotage performance en ETI (50 à 250 M€ de CA) repose sur peu d’indicateurs tenus dans le temps : marge par famille produit, BFR en jours, taux de service, capex vs budget, cash conversion.

Fréquence recommandée : mensuel pour le noyau finance + opérations (60 à 90 min), trimestriel pour le COMEX élargi avec revue stratégique et investissements. Entre les deux, un flash cash hebdomadaire (15 min) suffit souvent quand la saisonnalité est forte (agro, distribution, BTP).

Ordre du jour type : (1) cash et covenants, (2) P&L flash à date avec 2 écarts maximum expliqués, (3) BFR et stocks, (4) 3 actions propriétaires nommées. Le DAF, interne ou externalisé, prépare la matrice ; le dirigeant tranche les conflits inter-sites.

Exemple anonymisé : une ETI industrielle (78 M€ CA, 4 sites France) a externalisé le pilotage performance à 3 jours/mois. Avant : comité 4 h, 12 participants, 0 décision tracée. Après refonte : comité 75 min, 6 personnes, feuille d’actions partagée. BFR passé de 92 à 74 jours en 2 trimestres. Honoraires DAF : 38 k€ HT/an. Ça dépend de la maturité des outils BI : sans extract ERP fiable, le comité reste une discussion sur des chiffres contestés.

Fourchette de préparation : 1 à 2 jours-homme par mois pour un package complet (cash, P&L, commentaires écarts). En période budgétaire, ajoutez 3 à 5 jours sur le trimestre.

Nuance : dans une ETI familiale, la performance n’est pas que financière. Prévoyez 10 minutes pour les sujets RH critiques (turnover site, absentéisme) sans transformer le comité en réunion sociale. Le lien avec la finance reste : coût du turnover, heures perdues, impact marge.

Si vous hésitez entre renforcer un contrôleur de gestion interne et un DAF externalisé, posez la question des arbitrages transverses : qui ose dire non à un directeur d’usine sur un stock mort ? Le profil externalisé apporte parfois cette neutralité, à condition d’être mandaté explicitement par le CEO.

Pièges à éviter en comité performance

Multiplier les participants « pour informer » tue la décision. Chaque personne en salle doit pouvoir bloquer ou débloquer une action. Les fonctions support peuvent recevoir une synthèse 48 h après. Autre piège : comparer des KPI sans base homogène (marge usine A calculée avec frais siège, usine B en direct costing). Le DAF doit figer une note méthodologique une fois par an, pas renegotier chaque mois.

Enfin, traçez les décisions : qui fait quoi, pour quand, avec quel budget. Sans feuille d’actions, vous rejouez les mêmes débats le mois suivant. Un simple tableau partagé vaut mieux qu’un outil GRC surdimensionné.

Le pilier DAF ETI et pilotage de la performance prolonge cette réflexion sur les rôles et les outils.